MON PORTRAIT CHINOIS DE KANDINSKY PEINTRE DE L'INVISIBLE, DES FORMES ET DES COULEURS
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| Einige Kreise, 1926 Quelques cercles Several Circles Huile sur toile, 140,3 x 140,7 cm Solomon R. Guggenheim Museum, New York Solomon R. Guggenheim Founding Collection, by gift © Adagp, Paris |
Les couleurs intenses se frôlent
et se dégradent
Les lignes oscillent entre
courbes, angles et droites
L’imagination y crée des figures
symboliques
Le peintre dévoile
l’Invisible.
S’il était une ville il serait
Moscou : il grandit jusqu’à ses cinq ans dans cette ville. Dans son
autobiographie Regards sur le passé il fait de Moscou sa
mère : « Notre mère Moscou ». Dans les années 1900, loin de
Moscou, il livre une vision rêveuse, hors temps, idyllique de cette capitale.
Moscou c’est un élément essentiel de son travail artistique. Ainsi, dans son
autobiographie il écrit : « Ce Moscou, tout à la fois intérieur et
extérieur, je le considère comme la source de mes aspirations d’artiste. C’est
mon diapason de peintre. »
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| https://www.tsarvoyages.com/sites/default/files/styles/node_fancybox_photo/public/contents/dreamstime_moscou51_0.jpg?itok=lYQxMuX9 |
S’il était un mot il serait
« invisible » : Pour Kandinsky, le peintre dévoile
l’invisible, il révèle une vérité intérieure que seul lui est en capacité de
percevoir. Au sein des œuvres de l’artiste, le spectateur est invité à observer
les formes cachées. Il doit faire un effort, exercer son regard (selon
Kandinsky) afin de percevoir le caché que l’artiste, du haut d’une pyramide
symbolique, voit. Selon la conception de l’histoire du peintre, l’artiste se
place à la troisième étape de cette pyramide qui est l’Esprit à venir.
La première étape est celle du père et la seconde celle du fils.
S’il était un monument il serait
la Juryfreie de Berlin : c’est dans la salle de réception de
ce bâtiment que le peintre réalise son rêve au travers de ses peintures
murales. Le spectateur voyage dans l’espace de la salle et donc à l’intérieur
de ses œuvres et se fond en elle. L’œuvre et le spectateur ne créent
plus qu’un.
S’il
était une musique il serait un opéra de Wagner : celui-ci
l’influence profondément dans ses œuvres. Il découvre ainsi les idées de
synesthésie et d’œuvre d’art totale que développe Wagner. En écoutant
la musique le peintre y voit aussi des couleurs et des formes qui « se
dessinaient devant » lui. Ainsi la musique constitue une forte inspiration
pour Kandinsky.
S’il
était une école il serait le Bauhaus : cette dernière est une
école Allemagne au sein de laquelle des artistes d’arts divers abordent l’art
abstrait et l’enseignent. Kandinsky y fait la rencontre de Oskar Schlemer, Paul
Klee…
S’il était une forme il serait un
cercle ou une ligne : lors de sa période au Bauhaus, l’auteur y développe des
formes abstraites qui se mélangent et se croisent dans une composition réfléchie.
Mais c’est au sein de ses formes géométriques que l’artiste cache des figures
figuratives que le spectateur, par l’usage de son imagination, perçoit.
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| Vassily Kandinsky, Composition VIII, 1923 |
S’il était une couleur il serait
multicolore : les couleurs sont très importantes dans ses diverses
peintures. Il joue et compose avec. Il met côte à côte couleurs complémentaires
et couleurs vives. L’association des couleurs livre la vision d’un monde plein
d’illusion et d’imagination, un monde irréaliste transcripteur de l’image du
monde de Kandinsky.
S’il était une matière il serait
de la pierre. Celle-ci se transforme, se sculpte et se travaille avec
précision dans la forme qu'elle va donner. Ceci fait écho aux compositions de
Kandinsky dans lesquelles il joue sur les formes et sur les lumières. De plus
il écrit dans Sonorités jaunes 1912 « Rêves à la dureté
de pierre… Et rocher parlant… Glèbe aux questions résolvant des énigmes…
Mouvement du ciel… Et fonte des Pierres… » Ici, la pierre figure
l’imagination et la pensée d’un tableau au début dure, elle est faite de
nombreux nœuds et problématiques auxquels l’artiste et le mysticisme répondent.
S’il était un animal il serait un
cheval : Le cavalier est une métaphore très présente dans le
travail de Kandinsky. Il guide le cheval qui le porte avec élan et rapidité
entre ciel et terre. L’âme créatrice est ainsi libérée et s’exalte. Le cavalier
guidant son cheval, devient maître de son talent. Cette idée est très présente
dans son tableau Lyrisme 1911 dans lequel un cheval galope à
toute vitesse franchissant terre et mer aux couleurs vives. Le cavalier assis
sur son dos, a le dos courbé. Penché en avant, s’accrochant dans une tension à
la bête, il la contrôle avec vigueur.
S’il était un livre il serait un
almanach : En 1912, Kandinsky crée avec Franz Marc Der Blaue
Reiter (Le cavalier bleu). Au sein de celui-ci des critiques d’art
faites par des artistes sont publiées. Tous les arts sont représentés.
Cependant la première guerre mondiale met fin à ce projet.
S’il était un végétal il serait
il serait une rose : fleur aux multiples symboles la rose entre en écho avec
les formes que Kandinsky propose au sein de ces œuvres. Il développe entre
autres une théorie sur les formes et couleurs qu’il met en lien avec des
instruments et des éléments par exemple le cercle bleu représente le froid, la
stabilité et le mental.
S’il était un dieu / déesse il
serait Appollon et Artémis : ces deux divinités frère et sœur
représentent le jour et la nuit. Kandinsky joue beaucoup sur la lumière et
l’équilibre qu’elle instaure au sein d’un tableau. La lune et le soleil sont
aussi des symboles récurrents comme dans son tableau Jaune – Rouge –
Bleu 1925.
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| http://www.clker.com/cliparts/b/f/8/c/13001226351890456445apollo_artemis.jpg |
S’il était une danse il
serait le Ballet Triadique de Oskar Schlemmer : Dans
cette pièce le chorégraphe du Bauhaus habille ses interprètes de costumes de
couleurs jaune, rose et noir et de trois forme, carré, cercle, rectangle dans
l'espace. le jeu de lumière est également très important. Tous ces éléments de
création chorégraphique entrent en correspondance avec le travail de Kandinsky.
Pour en savoir plus: https://www.dansesaveclaplume.com/en-scene/37930-le-ballet-triadique-ou-quand-linterprete-devient-decor/
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| http://www.dansesaveclaplume.com/wordpress/wp-content/uploads/Das_Triadische_Ballett_Bayerisches_Staatsballett_II_Alisa_Bartels-%C2%A9-Wilfried-H%C3%B6sl_2.jpg |
ou bien il pourrait
être Vaduz 2036 de Farid Berki : Pour
cette pièce le chorégraphe hip hop s’inspire du peintre et s’attache à la
qualité gestuelle et à sa forme qui pour lui font sens. Des formes au sol et
dans les corps se juxtaposent et se suivent. Dans une démarche très
contemporaine le chorégraphe par à la recherche du mouvement pur et de ses
fondamentaux. Cette pièce minimaliste et épurée entre en écho avec
l’abstraction, période forte de Kandinsky. Les diverses dynamiques peuvent évoquer
les fluidités des traits circulaires, droits ainsi que les points du peintre.
La conception de l’artiste de Kandinsky interroge le chorégraphe sur le
témoignage d’une vision artistique et le questionne sur ce que l’artiste
voit, perçoit et sur ce qu’il livre aux spectateurs.
Olga Mededkova, Kandisky le peintre de l'invisible, hors série Gallimard, Paris, 2009
Dossier Centre Pompidou sur le tableau Jaune Rouge Bleu : http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Kandinsky-jaune-rouge-bleu/ENS-Kandinsky-jaune-rouge-bleu-part1.html








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